Rapport d'activité 2013 et Perspectives 2014

Association pour la restauration de l’Eglise Saint Germain

 

RAPPORT D’ACTIVITÉ 2013

 

L’année  2013 a été marquée par la réunion publique  du 15 Mai avec le Maire Bertrand KERN, et la présentation de l’Étude du Cabinet d’architecte Mauduit[1] ainsi par l’annonce d’un calendrier Prévisionnel des travaux de restauration qui s’étaleront jusqu’en 2019

 

1/ La réunion publique du 15 Mai à l’espace Saint Germain avec le Maire

 

1 -  Préambule de Monsieur Bertrand Kern, Maire de Pantin :

Depuis la loi de 1905, les églises déjà existantes appartiennent à la commune qui doit les entretenir. La municipalité s’occupe aussi des autres édifices de cultes de la commune.

Il s’agit dans l’étude de travailler sur  la possibilité de  restaurer l’ensemble qui comprend l’église mais aussi la chapelle des jeunes (espace Saint Germain) de construction récente, et il faudra rendre l’ensemble  homogène.

Les travaux de restauration sont prévus jusqu’en 2019. Il faudra optimiser les crédits au cours de ces années

L’église a été classée en 1978. Des travaux ont eu lieu dans les années 90.

 

Il fallait réaliser une étude préalable à la restauration réalisée  par Jean –Paul MAUDUIT, architecte, et Pierre GILLON, architecte et historien. L’étude a débuté en 2012 : quels travaux prioritaires ? Quelles « lignes » pour la réalisation future ?

 

Coût prévu de la restauration : 4,5 millions €, étalés sur l’ensemble des années, répartis entre le Conseil Régional d’Ile-de-France, le Conseil Général et l’État par l’intermédiaire de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), et par la Commune Elisabeth GUIGOU, Députée de Pantin, a versé  participation de 35 880 € sur sa réserve parlementaire pour les premiers travaux.

 

Ces travaux seront couplés avec d’une part la réhabilitation de la Nationale 3 et d’autre part le réaménagement de la place de l’église lors de la seconde phase des travaux.

 

2 -  Intervention de Pierre GILLON, architecte historien: historique de l’église

La recherche documentaire a porté sur les années 1664 à 1959.

 

Construction en 1663, sur les plans de Michel VILLEDO, maître général des œuvres de maçonnerie des Bâtiments du Roi, Ponts et chaussées de France. Il est réputé pour avoir construit le Château de Vaux-le-Vicomte et L’église Saint Nicolas du Chardonnet  à Paris.

 

L’église Saint Germain est identique à Notre-Dame des Anges de Bondy, maintenant disparue. Le porche est de 1737.

 

La charpente du XVIIIème siècle  dite « avec suspension de carrosse » est « intéressante » dans son procédé de soutien de la voûte (même technique qu’à la galerie des glaces à Versailles !), mais aujourd’hui des  assemblages principaux sont disjoints.

 

La première image est de 1820 (avec le presbytère attenant).

1819 : reprise de la charpente à la croisée du transept.

1860 : réfection de la toiture en ardoises au lieu de tuiles plates.

1926 : lors d’un examen du bâtiment, effectué en, aucune fissure n’est constatée.

1959 : le retable est détruit et remplacé par une tapisserie.

1966 : est posé un vitrail : « l’œuvre de Dieu dans le monde », inspiré  par le schéma XIII de Vatican II de Jacques le Chevalier qui est considérée comme une des premières œuvres sacrées de l‘après Vatican II au-dessus des fonds baptismaux.

1974 : installation d’une Vierge à l’Enfant  du sculpteur André ROCHÉ qui a aussi une valeur artistique remarquable.

 

3   -  Intervention de M. MAUDUIT, Architecte:

          La ligne de métro 5 a été creusée de 1938 à 1941. Des fissures sont constatées à partir de 1971. Des travaux ont alors été entrepris de 1972 à 1996. L’église a été classée en urgence en 1978 alors qu’il y avait un projet de reconstruction.

Plus tard apparurent des mouvements de basculement, d’écartement général de l’édifice d’où des recherches dans la charpente où furent constatées des restaurations anciennes et « malheureuses » ou mal faites.

          État sanitaire : sous-sol en gypse. Sur les murs, un enduit  en béton, contradictoire avec les moellons qui sont à l’intérieur  des murs ne peut que se  fissurer. Il  y a eu gonflement des maçonneries (la charpente  repousse les murs au lieu d’y reposer). La situation est assez grave au nord avec des dégradations importantes, en particulier pour l’appentis. C’est aussi une conséquence des travaux de 1996.

Les architectes ont fait un relevé complet de toutes les fissures.

          Il y aura lieu de refaire entièrement l’enduit en chaud dans le cadre de la restauration.

          Il doit y avoir une modélisation complète de la charpente car il semble qu’elle  fait pression sur les murs. Cela se fera avec le logiciel  de Dassault  « Prospective »[2] 

« Prospective » : a été élaborée  pour une modélisation par informatique avec des logiciels adaptés pour intervenir juste où il faut. Il faut résoudre le problème des eaux de pluie. Il s’agit d’une « église dans la ville » (ainsi que le montre le cadastre napoléonien de 1808-1812) d’où, autrefois, la présence d’un cimetière, jusqu’à Napoléon 1er, au nord. A noter que le projet de l’architecte Honegger pour le quartier prévoyait la reconstruction de l’église à l’opposé de son emplacement.

Il faut revoir l’emmarchement de l’accès à l’église. Par ailleurs, la rue Charles Auray est « trop large ». Monsieur MAUDUIT estime que l’appentis est important architecturalement (il donnerait un « effet pyramidal… »). Luc Régis GILBERT, architecte pantinois et membre de l’association, tient à exprimer un avis contraire : « Enlever l’appentis dégagerait la silhouette de l’église ».

Il faut au moins envisager le « relookage » de l’Espace Saint Germain.

 

4  -  Intervention de Monsieur Bertrand KERN, Maire de Pantin : calendrier des travaux

         

 

- 2013 : Mesures prioritaires  (280 000€)

- Etaiements complémentaires bas-côté sud et protections

- Evacuations combles et sous-sols

- Résorption des fuites en toiture, contrôle EP, descente provisoire en façade ouest

- Sécurisation des parements et corniches

- Coupe des arbres au chevet

 

Projet architectural et technique divisé en tranches fonctionnelles

- 2013 -2014 : diagnostic sol, sous-sol et bâtiment ; études préalables (poches de dissolution du gypse), Concours d’architectes  

 - 2015 – 2017 : rénovation de la structure du bâti : charpente, toiture, voûte en  plâtre ; ravalement de la façade ; réaménagement du centre paroissial

  - 2018 – 2019 : restauration et mise en valeur intérieure, aménagement paysager des abords

« L’association pour la restauration de l’Eglise peut exprimer des desiderata, mais sobrement, à l’automne ; mais il faut bien distinguer la paroisse de la municipalité, ce qui n’interdit pas une concertation » - réponse à Monsieur. GONNET de l’association de restauration de l’église  et Monsieur  Jean Paul MAUDUIT a tenu à préciser à propos de créations nouvelles: « Pas de pastiche ! L’église est une continuité du patrimoine. ».il est donc possible d’installer des œuvres nouvelles dans une église classée Monument Historique. Il utilise aussi le terme de « restauration contemporaine ».

          L’association pour la restauration de l’église sera présente dans le jury du concours d’architecte.

Autres points :

Réfection complète de la toiture en tuiles plates (17x24) et pente en fonction du matériau pour le traitement des fissures, des chêneaux, utilisation d’un enduit à la chaux

Restauration des vitraux. Pour l’intérieur, il faut prévoir le mobilier. Déterminer comment requalifier la façade de l’annexe.                                                                                                                                                                                                              

 

 

2/ Sondage auprès des paroissiens   (Pour mémoire)

 

Au préalable, nous avions travaillé sur un sondage auprès des paroissiens dont nous avons rendu le compte rendu à l’assemblée générale du 3 mars 2013.

 

De nombreuses idées ont été émises par les paroissiens qui ont participé, montrant l’attachement des paroissiens à notre église.

 

Consultation des paroissiens au sujet de la restauration de l’église St Germain

 

Il y a 23 réponses déposées à l’église, 3 par internet, 2 orales soit 28 réponses.

 

Quelques phrases qui ressortent

« Construire une église pour deux siècles !!!», « Se projeter dans 40 ou 50 ans, que l’église puisse évoluer », « Claire, modernisée et priante»,  « rassembler les paroissiens », « l’intérieur de l’église doit être en soi une œuvre harmonieuse qui frappe dés qu’on y rentre : un ensemble  clair, sobre et équilibré » « réfléchir et prendre exemple sur d’autres lieux »…

  1. Avis et souhaits sur l’extérieur de l’église
  • Propreté, sobriété, bon ravalement.  Souvent, les personnes réclament des pierres apparentes ou des murs nus  (14 réponses)
  • À propos de l’appentis : 9 désirent le voir disparaître, 3 veulent le conserver. Éclairage de nuit style Ciné 104    (1 réponse)

* Des espaces verts et fleuris autour de l’église font l’unanimité(10 réponses).

* Les marches, l’escalier, les rampes font l’objet de demandes raisonnables : marches de hauteur régulière, si possible avec un rebord fluo. Une rampe au centre (1 réponse), marches en pierre.

*plusieurs remarques sont pertinentes : remplacer le portail existant par un nouveau sans pas de porte, améliorer le sol de la rampe extérieure, penser à l’accès des fauteuils roulants (Un élévateur pour chaise sur l’escalier et lisser la rampe qui va cers l’espace Saint Germain), prévoir un bon éclairage extérieur, la porte principale intérieure en verre, valoriser la vierge qui est à l’entrée de l’église.

       . Harmoniser la chapelle Sainte Croix avec l’église rénovée, la cour et l’espace saint Germain (2)

 

2.  Avis sur l’intérieur de l’église

* Rendre l’intérieur le plus lumineux possible, redonner du neuf aux murs – couleur blanc cassé ou ocre ( 20 réponses),  des bancs (2) où on  puisse s’agenouiller

  • Décoration du chœur très sobre («  pas trop de décorum », « austérité cistercienne »), surtout  ne pas rajouter d’autres œuvres (11 réponses)
  •  Avancer le cœur  et l’autel (1), surélever le cœur (1), rénover le chœur (2)
  •  Acquérir d’autres œuvres (7 réponses – le chemin de croix (3), des saints (1), un autel, ambon en verre,  croix (3),  le plafond  peint (2)

* À propos de la tapisserie de Léon ZACK derrière l’autel, trois personnes souhaitent qu’elle soit restaurée et mise en valeur. 3 personnes souhaitent qu’elle soit enlevée et restaurée.

. Retour des anciens  tableaux (2)

* Nécessité d’un bon chauffage et d’assises confortables (6 réponses).

. Revoir la lumière de l’église avec des lampes basse consommation : saints (1), ensemble (1), plafond en lumière réfléchie

. Rendre l’église  plus lumineuse  le chœur, les vitraux  (Les nettoyer)

. Plusieurs commentaires sur la chapelle du Saint Sacrement, la chapelle doit être mieux séparé du reste, lumière rouge et tabernacle mieux lisibles

* Quelques idées  intéressantes : - prévoir un accueil intérieur vitré et confessionnal

                                                      - Revoir les tableaux d’affichage pour les rendre lisibles (2)

                                           - Reposer le vitrail du baptistère

                                             - Enlever la moquette peu hygiénique et la remplacer par un sol non glissant. (Plusieurs   )                                

                                          - Renforcer la structure des orgues.

                                           - Insonoriser pour atténuer les bruits de la rue

                                           - Restaurer les marches de St Antoine.  

                                     - Accès à  l’orgue en verre

                                     - Mieux répartir les saints

                                     - Revoir l’espace du baptistère

                                     - Écran plasma derrière les piliers où on ne voit pas l’office

                                     - Tableau de chant à revoir

 

3/ Le « programme »

 

Enfin,  l’essentiel du travail de l’année a été consacrée au « programme » (Voir en Annexe) sorte de cahier des charges vu de l’église et des paroissiens, de nombreuses consultations ont eu lieu en particulier avec le CDAS (Comité Départemental d’Art Sacré)

 

 

L’idée est d’opter pour une restauration de qualité qui restitue la silhouette et les masses de l’église tant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec des matériaux nobles et dont les aménagement modernes comme anciens s’agenceront dans un esprit d’harmonie  et d’homogénéité.

 

« Cette église de campagne simple et trapue, de style jésuite doit pourvoir avoir un espace intérieur harmonieux et cohérent, qui frappe le regard de la personne qui rentre. L’extérieur doit être de même, un repère pour les Pantinois, les gens de passage et les voyageurs, où il est possible de reprendre souffle dans la réflexion, la beauté,  la prière et  la chaleur d’une  communauté paroissiale… » Extrait du programme de l’église Saint Germain.

 

Le programme souligne des éléments de confort : escalier, chauffage, accès handicapé…

 

Il évoque la qualité de la lumière naturelle et artificielle à favoriser avec les techniques modernes d’éclairage.

 

Chaque espace de l’église fera l’objet d’une attention particulière :

- Le chœur qui devrait être rénové avec un vrai autel assorti à l’ambon au mobilier liturgique.

La tapisserie de  Léon Zack doit être classée monument historique et rénovée, elle serait mieux présentée.

- Le Baptistère retrouvera deux des œuvres qui l’accompagnaient le Vitrail de le chevalier  et le grand tableau de Sainte Elisabeth de Hongrie qui le surplombe

- L’espace d’accueil s’efforcera  d’être mieux signalé et mieux agencé avec peut être une porte en verre entre l’espace Saint Germain et l’église. L’espace d’information sera plus sobre et revu.

- La Chapelle de Saint Germain devrait être mieux agencée pour permettre de s’isoler

- La Chapelle de la Vierge pourrait avoir un nouveau tabernacle et de la même façon trouver un nouvel agencement

- La nef devrait être aussi rénovée : un sol refait entièrement et un éventuel changement de mobilier (bancs réversibles).

 

Un objet de débat est la destruction de l’appentis qui permettrait de dégager une belle terrasse et la silhouette de l’église, cela voudrait dire un réaménagement de l’espace saint Germain pour avoir pour une ou plusieurs salles de réunions en plus et des espaces de rangement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Perspectives 2014

 

1/ le Concours d’Architecte

 

L’année 2014 va être consacré au concours d’architecte :

  • Rédaction du cahier des charges qui se termine, nous serons reçus quand il sera rédigé
  • Lancement du Concours : 3 candidats seront retenus. L’association sera présente dans le Jury avec 2 membres, un représentant du Comité départemental d’Art Sacré (CDAS)
  • Sélection du candidat final
  • Rédaction du cahier des charges pour la maitrise d’œuvre

L’association se trouve ainsi en attente des propositions d’architecte et le « cadre » du projet final nous permettra de poursuivre la réflexion sur l’aménagement intérieur avec un regard renouvelé.

 

Les fonds réunis avec les adhérents que nous remercions devraient nous permettre deux choses, quand nous y verrons plus clair sur le projet :

  • Participer à une souscription, (éventuellement avec la Municipalité et le CDAS), la Fondation du Patrimoine et autres, pour restaurer des œuvres (Tapisserie de Zack…mise en place du Vitrail de Florent Chaboissier, qui n’a jamais été installé) ou le renouvellement de mobilier liturgique.
  • Participer à des Achats d’œuvres à notre propre initiative : Chemin de Croix, tabernacle… ou autre  (bancs), éventuellement en laçant notre propre appel de fonds sur le modèle de l’église des Lilas
  • Geneviève MICHEL de la Direction du Patrimoine de la Ville de Pantin dit qu’il y a aura des crédits de la DRAC  dans le cadre de la restauration  générale de l’église de restauration des œuvres quelle souhaite restaurer.

 

On nous a proposé une œuvre que vous verrez lors des Journées du Patrimoine.

Notre rôle est donc de nous mettre en éveil d’une culture d’art sacré qui n’est pas évidente, car il y a un travail et une réflexion insuffisante tant en ce qui concerne la culture de l’art sacré du XXème siècle que de l’art contemporain sacré du XXIème siècle !!! Il ya des trésors artistiques ignorés dans  les églises, les rénovations et restaurations d’église sont en général remarquables et cette dynamique mériterait d’être capitalisée et valorisée.

 

La deuxième rencontre d’art sacré contemporain lors des Journées du Patrimoine

 

Elle serait ouverte à 4 artistes invités sachant que nous avons 2 artistes qui apportent déjà 2 œuvres, celle qui nous est proposée de  Sophie Boniface et celle de Luc Reis Gilbert.

 

Donc, on aurait un minimum  6 artistes. Il peut y avoir aussi des sculptures ou autre. Et éventuellement des Musiciens.

 

Il y a aura une œuvre monumentale  qui nous permette d’explorer l’art sacré contemporain dans des installations ou autre. Dans la première édition, l’œuvre monumentale d’Adrian Doura avait été une réussite.

 

Le conseil d’administration a proposé le thème :

Les quatre éléments de la création : l’eau, le feu, l’air, la terre

 

Un Appel va être lancé à partir de début Mars, nous espérons touché plus de réseau d’artistes locaux ou ailleurs et nous vous invitons à le faire circuler  plus largement.

 

Annexe : le programme

 

Restauration de l’église Saint Germain l’Auxerrois de Pantin

 

Cahier des charges en vue de l’aménagement intérieur de l’église dans le but d’une utilisation religieuse : célébration de la liturgie, des sacrements et des fêtes chrétiennes de l’année.

 

« Programme d’aménagement et de création » du point de vue des paroissiens de l’Église Catholique de Pantin »

 

À destination des Architectes et des artistes qui l’aménageront ou devront y créer des œuvres

 

1/ Contexte

 

A/ Histoire

  • Rappels historiques :
    • Une ville de travailleurs : paysans, ouvriers exploitant les carrières, puis ouvrier manufacturier…
    • La première ville sur le chemin de l’est  de la France et de l’Europe qui subit de front tous les conflits venant de l’est de l’Europe. L’église, lieu principal commun aux villageois, dans un premier temps, est concernée
    • Paris
    • Un village devenu chef lieu avec de nombreux conflits avec Paris et l’État central,  qui est de maintes fois amputé : le Prè Saint Gervais, les Lilas,  le canal de l’Ourcq, le chemin de fer, le Cimetière Parisien prennent du terrain sur le territoire de Pantin
    • Un église en perpétuelle restauration, il ne semble pas qu’il y ait de moments où il n’y ait quelque chose à refaire ou qui s’effondre…
    • La ville a accueilli aussi des artistes : Beaumarchais, Méhul, la danseuse Guimard… ce fut aussi un lieu de villégiature pour de riches Parisiens et de Guinguettes
    • Une église très vivante et innovante avec un curé qui joue la sobriété en enlevant tout décorum en 1959, 3 ans avant Vatican II.
    • Des paroissiens impliqués dans le social et auprès des pauvres
    • Une église qui reste un point de repère, de rendez vous, de départ vers l’est, et qui a donné son nom à une station de métro. Chaque Dimanche, un camion part vers l’est avec des marchandises et des voyageurs…
    • Une église qui est devenue aujourd’hui très multiculturelle

 

  • Conséquences pour un aménagement futur
    • Le XXIème siècle pourrait un espace d’harmonie, de sérénité, de repos, de prière, de réflexion, et de beauté pour ses paroissiens, les chrétiens de passage et les visiteurs…inscrit dans la durée !

 

B/ Les ouvertures offertes par le Concile Vatican II dans l’aménagement des églises

  • Priorité  à la célébration de la liturgie  et de l’Eucharistie : Autel et Ambon deviennent les éléments principaux à partir desquels s’organisent les célébrations. Les textes liturgiques changent chaque année sur un cycle de 3 ans
  • La participation active des fidèles : recommandation de l’autel face aux fidèles, rendre facile les déplacements dans l’église. Implication des Laïcs dans la vie et la gestion de la communauté.
  • Lieu de rassemblement et de culte de la communauté des croyants
  • Une Église ouverte sur son environnement et sur le monde

 

C/ La pratique  religieuse à l’Église de Pantin

- Une église bien fréquentée en semaine, le dimanche et les jours de fêtes : des visiteurs portent un culte à la vierge qui sert aussi de chapelle du Saint Sacrement.  Saint Antoine de Padoue fait aussi l’objet  d’un culte… L’église reste ouverte en journée.

- Une église qui s’est installée dans l’attente infinie d’une future restauration, sans aucun vrai réaménagement ce qui donne un aspect désordre et pas très lisible à l’église

- Un besoin légitime de sécurité et de confort des paroissiens : accueil,  escaliers, chauffage, accès handicapé…

- La nécessité  d’une relecture de l’église Saint Germain et de lui donner une lisibilité  pour le XXIème siècle

 

D/ La valeur patrimoniale de L’église Saint Germain de Pantin

  • L’étude historique du Cabinet Mauduit a permis de revaloriser la valeur patrimoniale de l’église de Pantin : construction par Villedo, colonnes doriques, charpente en suspension de carrosse, décorations extérieures disparues, 3 œuvres du XXème siècle intéressantes, une statue, un vitrail, une tapisserie…
  • La valorisation des tableaux de l’église par le catalogue établi par Geneviève Michel  et son équipe de la Direction du Patrimoine de la Ville de Pantin. Françoise Cannot de la Direction du Patrimoine du Conseil général de la Seine-Saint-Denis contribue à cette mise en valeur : 29 œuvres dont 4 objets religieux et 2 reliquaires
  • 5 tableaux sont classés Monument  historique (dont 1 volé), et un est en cours de classement. Projet de restauration de 3 nouveaux tableaux
  • Valorisation de 3 œuvres du XXème siècle  (c’est peu !)  par l ‘étude du Cabinet Mauduit : une statue, un vitrail, une tapisserie… Un autre Vitrail n’a pas été rendu public.  Il y a aussi un crucifix moderne. La tapisserie de Zack devrait être classée et rénovée et on voit difficilement où elle  pourrait être placée ailleurs que dans le  chœur. A noter qu’elle représente, elle-même, une crucifixion.

 

 

2 / Préconisations :

 

Un espace de paix, de sérénité, de recueillement, de prière, mais aussi d’accueil, de joie et de célébrations, il doit  en ressortir un sentiment d’harmonie, et de sécurité qui a bien manqué à cette église si fragile et si fragilisée… un lieu favorisant la prière et l’esprit de communion et de communauté.

 

Il s’inscrit dans la durée, pour un siècle et plus, et prend valeur patrimoniale tant pour son passé : architecture et patrimoine d’œuvres, que pour l’avenir : aménagement intérieur moderne autour d’un chœur transformé à partir d’un autel, d’un ambon et de sièges pour les célébrants recréés, et acquisition d’œuvres (chemin de croix, vitraux, autres…)

 

Un retour aux éléments nobles et naturels : priorité à la lumière (mettant en valeur le rythme de la  journée et des saisons), le végétal par un retour à l’utilisation du bois (quasiment disparu en 1959), et  l’élément minéral, utilisation de la pierre pour le sol et  éventuellement d’autres œuvres…

 

 

A/ La restauration doit donner  lieu à une réappropriation de l’église par les paroissiens, les Pantinois, elle accueillera plus de visiteurs

 

Cette église de campagne  simple et trapue, de style jésuite doit pourvoir avoir un espace intérieur harmonieux et cohérent, qui frappe le regard de la personne qui rentre. L’extérieur doit être de même, un repère pour les Pantinois, les gens de passage et les voyageurs, où il est possible de reprendre souffle dans la réflexion, la beauté,  la prière et  la chaleur d’une  communauté paroissiale…

 

Un travail sur l’ensemble de l’architecture intérieure est donc indispensable.

 

La Lumière

 

Favoriser la lumière naturelle dans l’église en particulier par des couleurs claires des murs, favoriser la lumière directe mais aussi réfléchie au maximum dans l’ensemble de l’église. La deuxième porte du porche pourrait être en verre de façon à favoriser une entrée de la lumière par celui-ci.  S’il existe des espaces vitrés qui ont été bouchés durant l’histoire, ils pourraient être rouverts pour donner plus de lumière naturelle.

 

La lumière artificielle sera travaillée en respectant les différents temps de l’année : Messe de semaine, messe du dimanche, cérémonies, et fêtes religieuses de l’année.  Plusieurs niveaux être requis :

  • Un simple  pour les messes du quotidien qui peut  n’éclairer qu’une partie de l’Eglise où il aurait les paroissiens présents
  • Un pour la messe du Dimanche et les cérémonies
  • Un grand éclairage pour la messe de Pâques ou de Noël et certaines cérémonies ou événements
  • Chaque chapelle latérale, le baptistère et l’espace d’accueil feront l’objet d’un éclairage particulier qui peut  être autonome par rapport à l’ensemble de l’église.
  • Il faudra prévoir un éclairage particulier pour les tableaux réinstallés dans l’église.

 

L’éclairage fonctionne en basse consommation d’énergie. La lumière réfléchie  et les nouvelles techniques d’éclairage sont favorisées. L’ensemble de la Voûte de l’église peut être éclairée en lumière réfléchie.

 

 

Des matériaux  nobles

 

L’ensemble de l’église doit donner un sentiment de cohésion et d’unité, en utilisant des matériaux nobles : pierre, bois et fer. L’ensemble devra donner une impression d’homogénéité, d’équilibre et d’harmonie…

 

La Pierre

 

La pierre souvent très usée de l’église doit être mieux valorisée en particulier sur le sol.

en hommage aux carriers (Certains ont creusé au pied de l’église), étudier  la possibilité  d’utiliser le même type  de pierre ayant contribué à la création de l’église  (pierre de Meaux ou autre  à étudier),  le sol au moins du  Chœur doit être en pierre…

 

Le retour du Bois 

 

Le réaménagement   en 1959  de l’église a fait disparaitre tout ce qui est boiserie dans l’église. Le bois donne une chaleur et une respiration à une église.  Le bois choisi pourrait avoir une coloration claire et  venir de ressources en Région Parisienne.

 

On peut imaginer un retour  ou une valorisation du bois dans les autels latéraux  et autour du Baptistère.

 

Dans le cadre de cet aménagement intérieur, il est probable qu’il faille envisager des bancs  plutôt que des chaises de façon à donner une cohérence et une unité à l’assemblée.  Dans l’idéal, des bancs à bascule où l’on peut s’asseoir d’un coté ou de l’autre de façon à pouvoir passer facilement des cérémonies à un concert  donné de la tribune.  Cela peut aider aussi des temps de réflexion où les paroissiens peuvent parler en face à face par petits groupes.

 

Dans les allées latérales, les bancs pourraient être légèrement en biais se façon à  faciliter la visibilité et à mieux intégrer les paroissiens des allées latérales.

 

Il est à noter que si la législation le permet des chaises qui ne seraient pas attachées pourraient donner la même liberté et la même homogénéité.

 

 

B/ L’ensemble des espaces à redéfinir :

 

a/ Le chœur

Le réaménagement du chœur va être la base qui va donner le ton de l’ensemble du réaménagement intérieur.

 

Il semble  que le chœur actuel soit trop petit, constitué d’éléments récupérés et disparates, trop loin du public, carré et sans ouvertures donnant l’impression de prier dans une impasse, la tapisserie de Zack très grande a tendance à dominer et « écraser » l’espace de célébration…

 

Le célébrant devra désormais s’asseoir  face au public avec deux célébrants à ses côtés.  L’autel et l’ambon, s’associeront à ce nouvel aménagement.

 

Par ailleurs,  l’office  est difficilement ou partiellement  visible dès  que l’on s’écarte de l’axe central, dès qu’on est légèrement derrière un des piliers, on « perd » une partie de la messe ! Imaginer une forme ou tous les membres de l’assemblée seraient au même niveau de participation serait précieux, un espace où les paroissiens aient plus  l’impression de « faire communauté ».

 

Une idée pour agrandir le chœur serait de  décaler les marches sur toute la longueur de quelques dizaines de centimètre cm en avant, cela permettrait de l’aérer un peu cet espace et de permettre meilleure circulation autour de l’autel sans trop empiéter sur l’espace de l’église. Cela permettrait de rapprocher l’autel des paroissiens.

 

Les espaces de circulation   doivent néanmoins être respectés pour permettre au public de circuler en nombre (Noël, Pâques  Rameaux, mariages, enterrements, concerts, visites et expositions). Voir en annexe : les nécessités d’espace pour les enterrement set la messe des handicapés.

 

Le chœur n’est pas très haut par rapport aux paroissiens et l’autel et les ambons pourraient être réhaussés d’une marche.

 

Une réflexion, des idées et des propositions sont à trouver pour habiller le fonds du Chœur en dessous de la tapisserie de Zack : bois, tissu(s), stalles ou sièges pour les célébrants (?)…

 

Si la tapisserie de Zack est restaurée, on pourrait imaginer qu’elle soit légèrement détachée du fond comme suspendue avec un éclairage qui la mette en valeur.

 

Si la tapisserie de Léon Zack ne pouvait être conservée, l’ensemble du chœur est à revoir pour recréer un ensemble.

 

Enfin, les prêtres soulignent que la sacristie actuelle est trop petite.

 

Les piliers imposants cachent la visibilité sur les officiants et isole des espaces  qui ont trouvé de fait une fonction propre : les fonds baptismaux, la chapelle de la Vierge (et du Saint Sacrement), la chapelle dite de Saint germain, et un espace indéterminé à l’entrée à Droite du proche, (accueil technique, information) qui donne sur la porte d’entrée de l’espace Saint Germain. (Il a été évoqué des écrans plasma qui pourraient retransmettre la messe là où il n’ya pas de visibilité)

 

 

a/ Les fonds baptismaux :

  • 2 œuvres majeures manquent actuellement :
    • Le Vitrail de Jacques Le Chevallier : l’œuvre de Dieu dans le monde
    • L’immense  et très beau tableau de Sainte Elisabeth de Hongrie, d’Auguste Barthélémy Glaize qui est en mairie
    • Le baptistère qui est lui même une œuvre est lui aussi actuellement caché par crainte de vols
    • Autour de ces 3 œuvres l’espace pourrait être mieux marqué : sol et murs à embellir (en bois), marquer peut  être cet espace par une indication de séparation : début de « grille » sur 50cm, par exemple …
    • Un retour au Bois sur las murs peut être imaginé, le décor d’origine peut être sans doute  retrouvé.

 

 

b/ La chapelle de la vierge et lieu du Saint Sacrement

De la même façon que le baptistère cet espace pourrait être marqué comme un espace de prière ou il est possible de s’isoler de l’ensemble de l’église. Des éléments discrets pourraient définir cet espace  particulier  dans le chœur et dans la nef à partir du début du pilier le plus proche.

 

Améliorer l’aménagement  trop trivial actuel, éloigner les portes cierges du tabernacle, valoriser en particulier la lumière du Saint Sacrement.  Un tabernacle pourrait être recréé.

 

c/ la Chapelle de droite dite de Saint Germain regroupe plusieurs Saints :

Il  y a le curé d’Ars dans un coin et Saint Faustinus caché dans sa châsse, et Saint Antoine de Padoue à l’écart, qui fait personnage rapporté alors qu’il fait l’objet d’un culte. Saint Germain les domine.

 

Cette chapelle doit faire l’objet d’une attention particulière  car  elle fait un peu secondaire, actuellement et lieu de passage, elle devrait faire l’objet d’un réaménagement.

 

Quand le soutènement imposant du pilier vers l’extérieur sera enlevé, cette chapelle gagnera un peu de place

 

On pourrait imaginer le déplacement de  2 saints  des chapelles latérales dans l’allée qui donne  sur la chapelle de la vierge, pour faire une sorte d’allée des Saints, ils seraient placés en hauteur.

d/ L’espace à droite de l’entrée principale

  • À l’évidence cet espace destiné à l’accueil des paroissiens  de ceux qui sont nouveaux et à ceux qui cherchent un renseignement, doit être reconçu à partir de cette fonction d’accueil.
  • Les panneaux de présentation des associations témoignent de la vitalité de la Paroisse mais sont immenses,  ils devraient être homogénéisés  et réduit pour permettre là aussi plus de visibilité.
  • Cela aussi pour favoriser une meilleure visibilité et lisibilité de l’église, c’est le seul espace où on peut prendre un peu de recul pour voir  l’intérieur de l’église
  • On peut imaginer une porte en verre pour l’entrée dans l’espace Saint Germain de façon à valoriser sa fonction d’espace d’accueil

 

  • Un plot d’information doit être prévu à l’entrée de l’église pour parler de son histoire et de sa restauration

 

f/ Les Tableaux

Dans un premier temps,  les 4 tableaux classés monuments historiques, et les 3 tableaux qui devraient être restaurés, pourraient prendre place dans l ‘église.

 

Un choix  pourrait être  fait  de 2 ou 3 œuvres dans le fonds de tableaux restant en Mairie pour les rejoindre

 

On pourrait imaginer de faire une rotation des tableaux non classés tous les 3 ans en suivant le cycle liturgique.

 

Un système de sécurisation des tableaux est indispensable à commencer par les mettre en hauteur.

 

Les confessionnaux : un seul confessionnal pourrait être gardé

 

 

g/ Confort des usagers , chauffage, accessibilité des handicapés

 

Le chauffage doit être si possible discret et efficace, et en consommation  d’énergie allégée (Voir si des panneaux solaires pourraient être installés sur l’espace Saint Germain. Envisager également une pompe à chaleur dans le sous sol). Il a été évoqué un chauffage soufflant par le sol.

 

L’escalier extérieur est à refaire  (en pierre du même type que celles d’origine), car l’escalier est beaucoup trop irrégulier provoquant fréquemment des chutes.

 

L’église doit être revue pour permettre un accès facile à toute personnes handicapée et être dans les normes : outre les personnes en chaise roulante, il faut prévoir les non voyants et les mal entendants. Prévoir enfin un espace agréable  devant l’autel  pour les chaises roulantes est à prévoir.

 

La Rampe d’accès pour les chaises roulantes est à réaménager

 

h/ Extérieur de l’Église et Appentis

 

Espace fleuri et  plus dégagé devant l’église, permettant les rassemblements et l’arrivée des véhicules pour les mariages et les enterrements.

 

L’appentis  prête à débat car il alourdit la silhouette de l’église, cache les vitraux et laisse circuler l’eau et ne protège donc  plus l’église

 

- S’il disparaît, Il y aura une belle terrasse à aménager qui peut être fleurie, quel usage en sera fait ?

 

- S’il reste,  un aménagement  complet est à faire : espace d’accueil,  une salle de réunion ou de catéchisme, agrandissement de la sacristie…

 

En ce qui concerne l’espace Saint Germain, il serait  important que la salle principale puisse être séparée en 2 salles par un système de cloisons coulissantes.

 

 

 

 

 

 
  • [1] « L’étude historique du Cabinet Mauduit a permis de revaloriser la valeur patrimoniale de l’église de Pantin : construction par Villedo, colonnes doriques, charpente en suspension de carrosse, décorations extérieures disparues, 3 œuvres du XXème siècle intéressantes, une statue, un vitrail, une tapisserie…
  • La valorisation des tableaux de l’église par le catalogue établi par Geneviève Michel  et son équipe de la Direction du Patrimoine de la Ville de Pantin. Françoise Cannot de la Direction du Patrimoine du Conseil général de la Seine-Saint-Denis contribue à cette mise en valeur : 29 œuvres dont 4 objets religieux et 2 reliquaires
  • 5 tableaux sont classés Monument  historique (dont 1 volé), et un est en cours de classement. Projet de restauration de 3 nouveaux tableaux
  • Valorisation de 3 œuvres du XXème siècle  (par l ‘étude du Cabinet Mauduit ): une statue, un vitrail,  (Voir page suivante) une tapisserie… Un autre Vitrail n’a pas été rendu public.  Il y a aussi un crucifix moderne. La tapisserie de Zack devrait être classée par l’État  et rénovée et on voit difficilement où elle  pourrait être placée ailleurs que dans le  chœur. A noter qu’elle représente, elle-même, une crucifixion. » Extrait du programme  de l’Association pour la  Restauration de l’Èglise

 

 

[2] Ce projet  d’analyse de la structure a été abandonné depuis à cause de son coût  et remplacé par mesures plus traditionnelles