Histoire de l'église Saint Germain

 

      HISTOIRE  DE L’ÉGLISE

    SAINT GERMAIN L’AUXERROIS

    DE PANTIN

 

Texte du livret  disponible à

         l'Association pour la restauration de l’Église - 23 rue de la Paix - 93500 Pantin

 

 

Au IIIe siècle de notre ère, car c'est de cette époque que date la construction de la grande route Lutèce-Trèves, via Reims, tracée par l'empereur Julien. Cette voie qui deviendra, au fil des siècles, la route de Germanie, puis la route d'Allemagne, autrement dit le vieil itinéraire des invasions, suivait une ligne droite qui correspond, de nos jours, à la rue Saint-Martin, au faubourg Saint-Martin, à la rue de Meaux et à notre actuelle avenue Jean Lolive.

 

Cette voie marque la naissance réelle de Pantin [1] puisque c'est à cette époque que remonte la création d'un embryon de village. Peu à peu, les habitants du plateau s'enhardissent, désertent les hauteurs et viennent construire leurs huttes en bordure d'un chemin pierre, greffé sur la route de Trêves (Allemagne occidentale), en un point qui correspond à peu près à l'actuelle place de l'Eglise. Combien étaient-ils ces Pantinois encore anonymes ? Deux ou trois dizaines tout au plus, encore que certains affirment que la ferme du Rouvray, construite sur l'emplacement d'une vieille forêt de chênes « rouvres » date déjà de cette période. Difficile, là encore, d'être tout à fait précis sur ces temps reculés où des paysans descendus du plateau défrichent pentes et plaines, s'attaquent aux marécages alimentés par de multiples cours d'eau et tracent même des chemins pour aller jusque chez leurs voisins de Baubigny et de Drancy.

 

A n'en pas douter ces Pantinois sans nom ont des activités religieuses païennes et s'adonnent au culte des divinités gauloises ou celtes.

 

SAINT GERMAIN

 

Jusqu'au jour où Saint Germain, l'évêque d'Auxerre, entreprend de créer les premières paroisses chrétiennes dans une région où le christianisme pénètre avec beaucoup de lenteur. Au Ve siècle cet infatigable pèlerin traversa un jour le village en allant de Sens à Paris et c'est à cette occasion que les laboureurs et les vignerons de la plaine placeront leurs autels sous sa protection. On en veut pour preuve que trois des principales églises du nord-est de Paris (Pantin, Romainville, et Drancy) sont dédiées à saint Germain[2]. Le premier édifice religieux d'un Pantin, qui n'existe pas encore officiellement, ressemble davantage à un oratoire édifié sur une légère eminence, chapelle tout à fait rudimentaire construite à l'aide de pierres tirées de la colline voisine. Le chemin qui traversait la route de Trêves prit une forme incurvée pour accueillir la première des églises pantinoises qui, au fil du temps, allait devenir un des hauts lieux de la vie collective du village.

 

A quelques pas de cette rustique maison du culte coulait et bruissait un ruisseau dont les eaux se perdaient ensuite dans les marais.

 

En 840, l'édifice est détruit par les barbares et ses ruines resteront enfouies sous la végétation jusqu'aux premières heures du second millénaire.

 

Vers 850, Charles le Chauve commence le remembrement du Domaine de son grand-père Charlemagne que les pillages ont morcelé.

 

Le troisième de nos rois capétiens, Henri Ier, dit "l'Oiseleur" (1031-1060) témoin impuissant des grands événements qui bouleversent l'Europe à cette époque, passait le plus clair de son temps à bâtir des couvents. La dynastie, qui devait tout aux prêtres, leur marquait ainsi son attachement.

 

L'abbaye de Saint-Martin-des-Champs, à Paris

 

C'est dans ces conditions que naît, ou plutôt que renaît, le monastère de Saint-Martin-des Champs, impressionnante forteresse carrée, entourée de solides murailles et hérissée de grosses tours d'angle dont l'une, la tour Vert-Bois, abritait la prison. Véritable cité dans la ville, le monastère édifié au débouché du pont fortifié du Châtelet, comportait des magasins d'approvisionnement, des moulins, des cuisines, des écuries et des étables. (…)

 

Ce détour par l'une des plus puissantes communautés religieuses du début du XIe siècle n'a rien d'incongru car son histoire est intimement liée à celle de Pantin.

 

C’est en 1060, que le roi Henri 1er donne des terres situées à « Penthium » au monastère de Saint-Martin des Champs. Les rois et les seigneurs se montrent favorablement disposés à l'égard des gens d'église. C'est ainsi que la plupart des villages qui naissent, à cette époque, aux portes de la capitale deviennent des fiefs ecclésiastiques placés sous l'autorité exclusive du prieur du monastère. Pantin où, après les années sombres des invasions, s'est reconstituée une petite communauté rurale, n'échappe pas à la règle commune.

 

En 1067, probablement au mois de mai, sous le règne de Philippe Ier (le fils du rénovateur de Saint-Martin-des-Champs), et l'archidiacre de Notre-Dame, un certain Josselin (ou Joscelin) accorde au prieuré un alleu (bail) sur le fief de "Pentini".

 

Au 11 ème siècle une chapelle fut créee sous la collégiale de Saint-Martin-des-Champs. Acte de naissance confirmé vingt-neuf ans plus tard lorsque le pape Urbain II, un Français né en Champagne, place le prieuré sous la protection du Saint-Siège et lui assure la possession de-la paroisse de Pantin, soudainement appelée "Penthinum".

 

Pendant les XII et XIIIème siècles, les religieux de Saint Martin des Champs agrandissent leur domaine à Pantin soit par des donations, soit par des achats de terre. Pantin, comme de nombreux villages, devient fief ecclésiastique.

Les faveurs de Philippe Ier (…) fournit même une colonie de serfs pour intensifier l'assèchement et la mise en valeur de ces terrains prometteurs de richesses, mais qui n'étaient pour l'heure que les « marais de Pantin ».

 

Au XIVème siècle, les paroissiens, souffrant de l’exiguïté de la chapelle, décident de l’agrandir. Avec les aides que leur procure le prieur de Saint-Martin-des-Champs, ils édifient une église au même emplacement. Tout en conservant le cimetière primitif qui entourait la chapelle, ils construisent une maison presbytérale accolée à l’église sur la face nord et comportant un grand corps de logis destiné aux demeures du curé et du vicaire. Puis ils complètent ce presbytère par une cour, une grange, une écurie, une remise et un jardin avec puits, qui descend jusqu’à la route. Un peu plus tard, ils bâtissent contre la face nord, pour le maître d’école, une habitation devant laquelle ils aménageront une cour, des lieux annexes et un petit jardin dont l’extrémité épousera le coude du chemin de Romainville.

Au-dessus et à côté de la porte d’entrée de l’église, ils dressent un clocher d’une hauteur de 11 toises (21, 44 mètres) auquel ils donnent une base carrée de 17 pieds (5, 53 mètres) de côté, et d’une épaisseur de 2 pieds et un quart (0, 75 mètre). Enfin, à l’intérieur de l’église et en avant du chœur, ils réservent de part et d’autre de celui-ci une place pour l’établissement d’une chapelle. Celle de gauche sera du titre de la Sainte-Vierge. Son fondateur, Maître Adam-le-Riche, marchand-bourgeois de Paris, demeure « en son ostel » de Pantin. Il faudra attendre un certain temps pour installer la chapellede droite qui sera dite de Saint-Roch et derrière laquelle se trouve une petite sacristie. La totalité des dits église, cimetière, maisons, cours, jardins et dépendances représente une superficie d’un arpent, 54 perches carrées et un tiers de perche, soit 62 ares 77.

 

Il y a dans l’église une chapelle au titre de Notre-Dame attestée en 1150, à la présentation alternative de l’évêque de Paris et du Prieur de Saint-Martin des Champs.

 

En 1197-1198, le prieur de Saint-Martin-des-Champs Robert accorde aux villageois une charte de franchise, en exemptant de toute imposition les terres précédemment données à champart.

 

En 1411, le village est mis à sac par les Armagnacs, lors de la guerre de Cent Ans et cet appauvrissement du village décide l’abbaye de  Saint Martin à louer à bail en 1499 les deux fiefs de

Pantin et du Rouvray à un laïc puis en 1563 à vendre la seigneurie de Pantin pour sauvegarder celle du Rouvray.

 

En 1499, le fief de Pantin est loué par le prieuré au contrôleur du grenier à sel de Melun

 

À partir du XVIIème Siècle

 

 

Tout à l’est du village, à l’endroit même où la Grande-Rue cessait d’être habitée, se trouvait, au XVIIIe siècle la place de Pantin. Au milieu était l’église. Une chapelle avait été édifiée autrefois au même emplacement. Un titre de 1210 porte le nom d’un curé de Pantin : Pierre, un des premiers Pantinois connus dans l’histoire. Nous ne savons rien de ce qu’il advint de cette chapelle. Sa place occupée, au milieu du XVIIe siècle par une église dont la vétusté constitue un véritable danger public. Si bien qu’en 1649, le procureur du Roy rend une ordonnance qui constate que le bâtiment est en un état que "les habitants ne peuvent plus assister au service divin". Il est nécessaire d’abattre les ruines pour reconstruire de neuf une autre église suivant les plans et dessins qui en seront faits.

 

Mais nos ancêtres s’obstinèrent treize ans encore à contempler le monument en décrépitude sans vouloir le relever de leur frais. Ils attendaient le bon exemple. Il vint, le 30 avril 1662 sous forme d’une offre de l’abbé de Richelieu, prieur de Saint-Martin-des-Champs et de Guillaume de Carlu, curé de Pantin. Ces deux ecclésiastiques promettaient de faire réparer le chœur, pourvu que les habitants s’engageaient à supporter les travaux de reconstruction de la nef ; le clocher encore solide serait conservé. La proposition de l’abbé et du curé n’avait rien d’extraordinaire à l’époque ; elle ne constituait pas un acte de générosité particulièrement remarquable.

 

La charge de l’entretien de l’église : source de conflits

 

Un capitulaire de Charlemagne avait mis l’entretien des églises à la charge des décimateurs. Le clergé s’efforça  ensuite de rejeter une partie de cette charge sur les épaules des fidèles et un concile décida en 1333 que les gros décimateurs paieraient uniquement les réparations du chœur. Pendant les siècles qui suivirent, d’innombrables conflits éclatèrent entre les ecclésiastiques et les habitants qui s’imputaient mutuellement les frais d’entretien ou de reconstruction. Peu à peu, cependant, une règle s’établit, sanctionnée en 1695 par une ordonnance qui mettait à la charge des paroissiens l’entretien du mur du cimetière, de la nef des églises et du logement du curé. Le chœur, exclusivement réservé au culte, devait être réparé par les décimateurs. L’offre de l’abbé de Richelieu et du curé de Carrelu était donc conforme à l’usage.

 

 

Le clocher : le bien de tous

 

Depuis le Moyen Age, en effet, l’ecclésiastique décimateur et les habitants partageaient plus ou moins, dans chaque village, les frais d’entretien d l’église. Celle-ci n’était pas entièrement réservée au culte. Le clocher notamment était considéré un peu partout, et spécialement dans les paroisses dépourvues de forteresse, comme beffroi de la localité. Si les cloches retentissaient pour les offices, elles appelaient aussi les habitants pour les assemblées de la communauté. A leur voix, les paysans se réunissaient devant le monument, sous l’orme, pour assister aux plaids du maire, discuter des intérêts de la paroisse. Le clocher était donc le bien de tous. De même la nef, séparée du chœur par une barrière ou un jubé, était l’endroit où se tenaient nombre de réunions et de fêtes publiques. On y venait entendre le prône qui, au temps où l’affichage était inconnu, renseignait les villageois sur les grands faits extérieurs à la paroisse, nouvelles de la guerre ou du prince, réformes administratives, etc …

 

 

1663-1664 : Démolition et Reconstruction

 

            L’adjudication des travaux de démolition et de reconstruction eut lieu en assemblée paroissiale convoquée comme à l’ordinaire à son decloche, le dimanche 28 février 1663, devant l’église.

 

En moislon des carrières de Pantin

 

       Le procès-verbal de cette opération indique que les gros murs doivent être bâtis sur terre ferme, en moislon des carrières de Pantin, chaux et sable jusqu’à six pieds de hauteur en moislon, plâtre cuit, et avec des cailloux qui se trouveront dans les démolitions ; les piliers seront en pierre de taille ; le chœur croisé et la nef seront ornés de pilastres et de corniches d’architecture dorique : la voûte aura des sculptures à la façon et fabrique de Nostre-Dame-des-Anges.Le mur le plus exposé au soleil ferra l’objet d’attentions particulières et les maçons le construiront avec les meilleures pierres provenant des démolitions. Le plan de la nouvelle nef avait été dressé par un architecte nommé Villedoc. Les entrepreneurs s’engageaient à faire la contretable du maître-autel sur le modèle de l’église Saint-Honoré de Paris, avec cette réserve qu’ils emploieraient pour les figures le plâtre au lieu du marbre. On se bornait, pour le clocher, à le faire recrépir ou renduire là où il y avait du "manquement". Les adjudicataires, deux "maistres massons" de Paris, Guillaume Huby et Michel Bernoin,  avaient accepté le prix forfaitaire de 12.500 livres.

 

 

Louis XIV

(1643-1715)

Roi de France et de Navarre

couronné le 7 juin 1654

"L’an de grâce mil six cent soixante quatre, vingt-troisième jour de juin du règne de Louis XIV et d’Alexandre VII, pape, la première pierre fondamentale a esté posée par messire Pierre Forceval, Conseiller du Roy en ses Conseils et Maistres des Requestes ; pour lors curé de Pantin, messire Guillaume de Carrelu  et vicaire messire Nicolas Feranel."

 

 

 

 

 

 

Pape Alexandre VII

Fabio Chigi

Né à Sienne

(1599-1667)

élu pape le 7 avril 1655

 

Une reconstruction suivie d’une procédure judiciaire de 25 ans

 

Les premiers paiements aux maçons ne furent pas effectués sans incident. L’abbé de Richelieu et Guillaume Carlu ne montraient point de hâte à verser leur part contributive. Il s’ensuivit une procédure qui dura vingt-cinq ans. Le 4 mai 1689, les habitants de Pantin obtenaient une sentence de condamnation établissant que l’abbé Richelieu leur devait une somme de 2.000 livres. Mais le vénérable prieur était mort au cours de la chicane et ce fut le curateur de sa succession qui remboursa. Nous ne connaissons pas la date de l’inauguration du monument.

Extraits « Les Pantinois sous l’Ancien Régime »

 Maurice Foulon, 1925

 

 

70 ans plus tard, Nouveau Clocher, Nouveau Portail

 

En 1735, Messire Nicolas-Jean de Langle, curé de Pantin, redoutant que le clocher de l’église qui menace ruine ne vienne à s’écrouler sur les fidèles convoque, comme à l’ordinaire à son de cloche, une assemblée paroissiale.

 

En 1736, la sécurité exige que des mesures soient prises immédiatement : le clocher est donc abattu en 1736 et reconstruit l’année suivante avec le portail par Joachim Beausire, maître maçon, demeurant rue Barre-du-Pecq à Paris. La note était lourde, et il fallut toute l’activité du curé, messire de Langle, pour faire payer les paroissiens et tout particulièrement les gens du Pré. Ce n’est qu’en 1790, que Le Pré-Saint-Gervais sera érigé en commune indépendante

Portail de Joachim Beausire construit en 1736

 

       En 1824 est décidée la construction d'un mur de terrasse et d'un perron devant l'église par récupération de pierres à plâtre de l'ancien cimetière (paiement des travaux en 1826).

 

       En 1825 on procède à l'installation de deux cloches neuves, œuvres d'Osmond Dubois, en remplacement de l'ancienne cassée depuis la Révolution, avec reprise de charpente.

 

       En 1844-45, le mur de terrasse entourant l'église est reconstruit en pierre de meulière cimentée avec chaux et sable.

 

XIX et XXème siècle : Les Travaux de Restauration

 

 

La fontaine publique a été construite en 1846. Ses eaux provenaient des sources de Romainville et du Pré Saint Gervais canalisées dans des conduits jusqu’à  la Seigneurie puis amenées jusqu’à un réservoir alimentant la fontaine. Elle disparaît à la fin du 19e siècle.

 

       En 1860, le clocher menace de tomber sous le poids de la toiture jugée trop lourde. La toiture est refaite : ardoises d'Angers format anglais, sapin. L'édifice est surélevé sur une terrasse à laquelle on accède par un perron droit de plusieurs marches. Il a été construit en moellons de calcaire assisés, hourdés avec un mortier de terre.

 

       Les années passent et le temps fait son œuvre. Par la loi de 1905, les églises sont devenues propriété de l’Etat.

 

      

Avant Vatican II

Après la rénovation de 1959

 

       Menacée dans le cadre de la rénovation urbaine après la Seconde Guerre mondiale, elle présente des risques d'affaissement importants au cours des années 1970 (fragilité des matériaux, manque de fondation pour certaines parties de l'édifice, instabilité du sous-sol de gypse et de sable).

 

       Fissurée de toute part, l’église menace ruine. Sa démolition, au profit d’une construction neuve, est sérieusement envisagée en 1976 ; le 26 octobre de cette année, suite à une réunion en mairie le 21, le Conseil Curial donne son accord pour accepter l’examen plus approfondi de la solution radicale qui consiste en la démolition et reconstruction d’une église nouvelle.

 

Les principes sont posés par la Commission Eglise. Mais l’église Saint-Germain, « inscrite à l’inventaire » le 21 novembre 1977, est  « classée » en totalité monument historique le 23 janvier 1978.  Protégée par la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques, le projet d’une reconstruction est abandonné.

 

 

190 pieux enfoncés à 10 m de profondeur

 

       Les architectes des Bâtiments de France, M. Donzet puis M. Bonnard, et la commune décident alors de consolider le sous-sol par injection de béton et pose de micro-pieux. Ceux-ci seront au nombre de 190, à des profondeurs voisines de 10 m. les travaux dureront 3 ans jusqu’en avril 1983, pour un coût total de 5 millions de francs. Mais l’église continuant de glisser, des reprises seront effectuées lors de la construction de la Chapelle des jeunes. Les appareils de chauffage, maintenant noyés dans le béton, sont remplacés par un tapis chauffant électrique.

 

 

 

 

La Chapelle Sainte-Croix et l’espace Saint-Germain

 

       La Chapelle des jeunes, accolée au mur sud de l’église prend l’eau de toute part. Aucune rénovation ne pouvant être envisagée, commence une longue négociation entre l’Association diocésaine de Saint-Denis, affectataire, la Commission Eglise de la paroisse, la commune, propriétaire avec M. Jacques Isabet, maire et son Conseil municipal, et les Monuments Historiques. Elle aboutit à la démolition de la Chapelle des jeunes et à sa reconstruction. Un logement de gardien y est ajouté avec l’espace Saint-Germain, dans un style résolument actuel. Cet ensemble fonctionnel est doté d’une rampe d’accès pour les personnes handicapées.

 

 

 

XXI e Siècle : L’église attend sa restauration

(source : Archives municipales)

 

       L’église fondations consolidées, peut regarder l’avenir. Le plus vieux bâtiment de la commune, mérite sa rénovation. Une convention avec l’Etat en établit les étapes, pour un coût total et final de 18 millions de francs, réparti entre l’Etat et la commune, le département apportant sa quote-part sous forme de subventions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       En février 1999, Le Conseil municipal se prononce en la faveur de la restauration, les travaux vont pouvoir commencer. L’échéancier prévoit le déroulement des travaux en 4 tranches de 2000 à 2003.

 

       Les élections municipales de 2001 change la donne : Monsieur Bertrand Kern décide d’abandonner le dossier église promettant de le reprendre lors de son deuxième mandat.

       

       Le 15 mai 2013,  Bertrand KERN, Maire de Pantin a annonvcé la restauration de l' église Saint Germain qui après le concours d'architecture de 2014 s'étalera jusqu'en 2020.

 


Restauration de l'orgue

 

Les Orgues de saint-Germain

Extraits de « Histoire des Matinées musicales de Saint-Germain de Pantin » 

Juan R. Biava, Octobre 1996, Mars 2010

 

 

 

 

En 1840, l’église St Germain est dotée d’un instrument :

« Le quatorze août mil huit cent quarante cinq, le Conseil achète pour l’église et fabrique de Pantin, un orgue expressif, pour la somme de quatre cents francs. »

Par la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, tous les immeubles sont devenus la propriété de l’Etat ou des Communes. Ces bâtiments restent affectés aux cultes. Le clergé devient affectataire. Le mobilier mis sous inventaire, propriété de la Ville doit être entretenu par l’affectataire qui doit l’utiliser exclusivement pour le culte. L’orgue est classifié « meuble-immeuble par destination ». Demeurant propriété de la Commune, il est au service du culte et de ce fait son entretien est à la charge de la paroisse.

 

1985 : un orgue à bout de souffle

 

Embauché comme organiste remplaçant pour les offices paroissiaux en 1976, Juan R. Biava est étudiant. Il sera nommé organiste titulaire en mai 1985. Les travaux de consolidation du sous-sol de l’église terminés, le bâtiment se stabilise tandis que l’orgue s’essouffle de dimanche en dimanche. Le dernier relevage (relevage c’est le terme utilisé pour désigner la restauration d’un orgue) datant de 1947, Rodriguez Biava le maintient en fonctionnement grâce à de multiples rafistolages pour colmater les fuites d’air et l’accordant lui-même car aucun facteur d’orgues ne veut signer un contrat d’entretien selon la pratique habituelle arguant le trop mauvais état de l’orgue.

 

1995 : naissance des matinées Musicales

 

Comme l’orgue se dégrade de semaine en semaine, Juan R. Biava eut l’idée de proposer aux pantinois une heure d’orgue par mois. Si l’orgue de Saint-Germain, outre sa fonction culturelle accomplissant aussi une fonction culturelle, la Mairie serait également autorisée à prendre en charge le relevage de l’orgue, car si l’argent public ne peut soutenir le culte, il a en revanche tout intérêt à soutenir les actions culturelles. L’expérience débuta le 25 avril 1993 …  et le 29 mars 1995, l’ensemble Vocal des Matinées Musicales se constituait en association loi 1901. Pendant huit années, de 1993 à l’an 2000 les concerts des Matinées Musicales vont donner chaque mois entre octobre et juin, un minimum de neuf concerts par an.

 

1998 : un nouveau moteur

 

       L’architecte des Bâtiments Historiques, M. Mouton conseille d’attendre que la rénovation de l’église soit réalisée  pour s’occuper de l’orgue. Mais le moteur  de l’orgue, installé en 1933 montre de sévères défaillances. Il est remplacé et les fuites  colmatées par le facteur d’orgue Yves Fossaert au printemps 1998, travaux entièrement payés par la ville de Pantin.

 

2003-2004 : restauration des orgues

 

            En 2001 le projet de restauration de l’église étant abandonné, celle des orgues devient préoccupante.  Le projet proposé depuis 1985 et voté par le Conseil Municipal en décembre 2002 débuta le 9 octobre 2003, date à laquelle l’instrument fut entièrement démonté et transporté à Nantes. La tribune fut totalement rénovée. Deux nouveaux jeux pour le pédalier furent ajoutés

 

       Le 3 mai 2004 débutèrent les travaux de remise en place et le 14 juillet 2004 s’achevait le relevage de l’orgue de Saint-Germain. Le concert d’inauguration eut lieu le 14 novembre 2004.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19 ans de démarches de la part de l’organiste titulaire,

11 ans de concerts des Matinées Musicales, activités culturelles permettant à la Ville de financer les travaux de relevage des orgues (61% du montant), 9 mois de travaux. Coût total : 25.000 €

 

 

Travaux : Quelques dates et chiffres en bref

 

1971

Forages : constat d’un vide à 55 m de profondeur.

1978

Classée monument historique par arrêté.

1979

Projet de consolidation des fondations par M. Donzet.

1982

Début des travaux.

1983

Démolition de la Chapelle des jeunes pour l’exécution de reprise en sous-œuvre partielle des fondations, côté Sud.

 

1984

Fin des travaux de la première tranche

Coût de 3.373.000 frs :

       35% subvention Etat,

       22% subvention Région,

       10% subvention Département,

       33% à la charge de la Ville.

1984

Remise du dossier technique de M. Bonnard pour reprise des fondations des murs Sud et du clocher.

1985

Travaux  réparations de la toiture. Crédit de 55.000 frs dégagés.

1991

Démontage des vitraux façade Sud et Ouest

 

1993

Reconstruction de la Chapelle des Jeunes comprenant l’espace St Germain, la chapelle Ste Croix, un logement de gardien, avec une rampe d’accès. Coût total de 6.000.000 de frs, réparti entre

              l’Etat 1.800.000 frs,

              la Ville 3.000.000 frs,

              l’Association diocésaine 1.200.000 frs.

1994

Remise des clefs de la Chapelle  au père Michel Etienne.

1995

Remise en place des vitraux restaurés de la façade Sud.

1996

Réfection du porche.

1997

Etayage du pilier Sud Ouest.

1999

Projet Architectural et Technique (PAT) pour la restauration des façades et toitures. Programme élaboré par M. Lefebvre, évalué à 18.200.000 frs, avec participation de l’Etat de 50%.

Echéancier de 2000 à 2003, approuvé par le Conseil Municipal.

2001

Abandon du PAT par la municipalité avec promesse de M. Bertrand Kern de le reprendre lors de son deuxième mandat.

2003

Démontage des orgues pour restauration à Nantes et rénovation de la tribune.

2004

Ajout de 6 nouveaux jeux pour le clavier à pédale.

Présentation des nouvelles orgues. 

2005

Remise en état partiel de la couverture de l’église

2006

Pose de la plaque monument historique par Monsieur Bertrand Kern, maire de Pantin.

 

Les Vitraux de l’Eglise

 

« Ils sont du XIXème siècle et ils reflètent bien les préoccupations de ce temps-là en art figuratif pour honorer Saint Germain et les Évangélistes, deux seulement d'ailleurs dans l'état actuel des vitraux puisque sur les fenêtres de la façade Nord, les vitraux en l'honneur de Marie et des deux autres évangélistes ont été détruits du fait du bombardement de La Courneuve pendant la guerre 1914-1918.

Ils ont été remplacés par les verres colorés que nous avons maintenant.»

 

Florent Chaboissier, maître-verrier

 

La façade Sud et les 3 vitraux ont été restaurés en 1995

 

 

La tapisserie : la Crucifixion

 

 

Cette tapisserie, exécutée en 1959 par Plasse Le Gisne d'après un carton

de Léon Zack, représente l'idée d'une rédemption simple mais forte.Lev Vasilevitch Zack, dit « Léon Zack », est un peintre russe, naturalisé français en 1938, né le 12 juillet 1892 à Nijni Novgorod et mort à Vanves (Hauts-de-Seine) le 30 mars 1980.

 

       Léon Zack est un artiste figuratif jusqu'en 1946, peignant surtout des portraits dans la veine de la période rose de Picasso (Double portrait d'hommes, 1931, huile sur toile, Colmar, musée d'Unterlinden).
Peu à peu, son pinceau se fait expressionniste. Les visages sont soulignés par des traits noirs torturant les contours.
Il se tourne ensuite vers l'abstraction, d'abord au couteau, puis par de grands lavis où ne subsistent que des nodosités. « Je suis venu au non-figuratif par une évolution lente mais logique. Si d'autres peintres ont pris le chemin du non-figuratif en désirant libérer la peinture de toutes les entraves, j'ai été guidé plutôt par le souci de son approfondissement », confie Léon Zack : « j'ai pu comprendre que l'élément figuratif n'était nullement indispensable pour m'exprimer, qu'au contraire il me gênait ».

 

 

Sources :

Les Pantinois sous l’Ancien Régime, Maurice Foulon, 1925

Histoire des Matinées musicales de Saint-Germain de Pantin,

Juan R. Biava, Octobre 1996, Mars 2010

Archives paroissiales et Photos des Archives Municipales

http://fr.wikipedia.org/wiki/Léon_Zack

Site internet de l’Église Saint Germain : l’histoire de l’Église écrite par le Père Jean Janin

http://www.stgermaindepantin.net/articles.php?pg=art22

 

 

 

Juin 2011

 

Document réalisé par

Marie-Edith Potier, Communication Paroisse St Germain

 

Ont participé à son élaboration :

Père Pierre Trudeau

André Caroff

Michel Bailleul

Gabriel Gonnet

 

Remerciements : Geneviève Michel

Service des Archives de la ville de Pantin

 

 

 

 

 

 

Classée Monument Historique en 1978,

l’église Saint Germain est le plus vieux bâtiment de Pantin.

Construite en 1664, elle fait l’objet

de travaux de consolidation et de reconstruction incessants.

Aujourd’hui, elle attend une restauration

 

 

La façade principale est divisée par des contreforts, en trois travées : à droite, le clocher reconstruit au 18e siècle (tour carrée épaulée de contreforts), au centre, le porche d'entrée, surmonté par un fronton triangulaire (1826).

 

 

    Les façades latérales sont rythmées de grandes baies en plein cintre. Construite selon un plan en croix latine, elle se compose d'une nef principale avec bas-côtés qui se terminent par une chapelle de chaque côté.

 

 

  La nef voûtée en berceau est séparée des bas-côtés par des arcades en plein cintre reposant sur des pilastres doriques. La croisée du transept et les croisillons sont couverts de voutes d'arêtes ; le chœur est à chevet plat.

Pantin, Juin 2011

 

 

[1] Le nom de Pantin n’apparaît pas officiellement dans l’histoire avant l’année 1067. A cette date, un acte signé de Joscelin (archidiacre de Notre-Dame) et accordant un aleu (bail) au Monastère de Saint-Martin des Champs porte l’orthographe « Pentini ». Mais dans les bulles des papes Urbain II (1097), CalixteII (1119), Innocent II (1142), Eugène III ( 1147), la forme devient « Penthinum ». Cependant en 1150, Thibaud, évêque de Paris, écrit « Pentin ». Puis« Penthin » apparaît dans un bail de 1549, et finalement, le 18 septembre 1622, on trouve pour la première fois « Pantin » sous la plume du curé Jacques Tillegroy qui enregistre le mariage de deux de ses paroissiens.

 

D’après monsieur de Valois, Pantin devrait dériver de « pente » (…)Bref malgré les jongleurs en qui n’acceptent que de savantes étymologies, la solution « pente » me paraît plus raisonnable, le premier embryon de village s’étant installé  sur le chemin qui « montait » vers Romainville ».

[2] Germain naît à Auxerre, d'une famille de l'aristocratie gallo-romaine. Il fait des études en Gaule, puis à Rome. Juriste et orateur, fonctionnaire impérial, il sera « forcé et contraint » par les Auxerrois à devenir leur évêque en 418. Germain cesse tout commerce avec sa femme, donne tous ses biens aux pauvres et entame une vie de pénitence, portant cilice et dormant sur un lit de cendres.

 

Pendant ce temps, en Grande-Bretagne, l'hérésie pélagienne, qui prétend que l'homme peut gagner son salut dans la grâce, fait des ravages. Le pape Célestin Ier décide alors d'y envoyer Germain d'Auxerre et Loup de Troyes pour rétablir l'orthodoxie. Les deux évêques s'embarquent à la fin de l'hiver 429. Ils essuient une tempête : à la manière du Christ, Germain gourmande l'océan et verse un peu d'huile sur les flots en furie qui se calment aussitôt. Le saint et son compagnon n'auront guère plus de mal à vaincre les pélagiens.

 

Mais Germain ne se contentera pas de joutes oratoires. Il baptise l'armée bretonne, l'accompagne dans une campagne contre les Saxons et les Pictes, et lui assure ainsi la victoire. C’est au cours de ce voyage que, passant par Nanterre, les deux évêques furent accueillis par toute la population, et que Germain remarqua la jeune Geneviève, comme on le rapporte dans la vie de celle-ci (Sainte Geneviève deviendra la patronne de Paris).  Saint Germain, hyper actif à son heure plaide pour diminuer les impôts de ses ouailles  d’Auxerre, revient en Grande-Bretagne pour pourfendre à nouveau les pélagiens. Il défend les Armoricains auprès de l’empereur à Ravenne. Les démons eux-mêmes sont épuisés par une telle ardeur. A Milan, un possédé lui lance : « Germain, pourquoi donc nous poursuivre en Italie ? Repose-toi, pour nous donner un peu de repos ».